Vendredi 2 novembre 2007

Helicobacter pylori

 

 

 

 

 

 

Helicobacter pylori : une bactérie qui se développe dans l’estomac, un milieu particulièrement  acide !
Cette bactérie est responsable d’une infection chronique de l’estomac, touchant la moitié de la population mondiale et plus de 80% de la population de la Guadeloupe !
L’infection à Helicobacter pylori est l’infection bactérienne chronique la plus répandue après la carie dentaire.
Une infection qui s’acquiert généralement pendant l’enfance, mais persiste toute la vie tant qu’il n’y a pas d’éradication. Une infection généralement silencieuse, mais en revanche fréquemment impliquée dans des maux chroniques gastriques comme l’ulcère.
Helicobacter pylori peut être responsable d’un cancer gastrique, qui fait presque autant de morts chaque année en France que les accidents de la route. C’est la première bactérie à être impliquée dans le développement d’un cancer.

 

 

Il existe un traitement simple et court, efficace dans 90% des cas qui permet de se débarrasser de l’infection en moins de deux semaines

 

 

Helicobacter pylori : qu’est ce que c’est ?

 

 

Helicobacter pylori est une bactérie qui fait partie de la famille des Helicobacter, bactéries présentes dans le tube digestif. 

 

 

Helicobacter pylori ne vit que dans l’estomac humain. Il tire son nom de sa forme en spirale et est doté de 2 à 6 flagelles qui lui permettent de se déplacer sur le mucus qui couvre la paroi de l’estomac.

 

 

Il paraît impossible qu’un organisme vivant tel qu’une bactérie puisse vivre dans un milieu très acide comme celui de l’estomac et c’est ce que les scientifiques pensaient jusqu’en 1982.
 C’est en effet, à cette date que deux chercheurs australiens John Robin Warren et Barry Marshall identifient puis cultivent pour la première fois une bactérie inconnue nichée dans la paroi de l'estomac de plusieurs patients atteints d'ulcères : Helicobacter pylori. Ils ont émis l’hypothèse que cette bactérie pouvait être responsable de troubles au niveau de l’estomac tels que l’ulcère.
Depuis, cette hypothèse a été confirmée car les  ulcères de l’estomac sont considérés actuellement comme une maladie due à l’infection par Helicobacter pylori  et se traitent, comme toute maladie infectieuse bactérienne, par des antibiotiques. Pour cette découverte, les deux chercheurs ont reçu en 2005 le Prix Nobel de Médecine.

 

 

Dans l’estomac, Helicobacter pylori  parvient à se protéger de l’acidité en sécrétant une enzyme : l’uréase. La bactérie se fixe alors à la paroi puis prolifère.
Elle provoque  une inflammation, appelée gastrite chronique, qui évolue généralement sans manifestation particulière et persiste tant que la bactérie est présente.
Par la suite des lésions gastriques liées à l’infection à Helicobacter pylori, telles que des ulcères ou un cancer gastrique, peuvent parfois se développer. Elles se constituent sur plusieurs années et évoluent lentement : il peut s’écouler parfois plus de 30 ans avant que les symptômes n’apparaissent !

 

 

Qui est infecté ?

 

 

On estime aujourd’hui que près de 50 % de la population mondiale est infectée par Helicobacter pylori. C’est l’infection bactérienne chronique la plus répandue chez les humains après la carie dentaire.
Toutefois, le taux d’infection varie en fonction de nombreux critères comme l’âge, l’origine géographique et les conditions de vie. Le mode d’infection est en effet lié à la promiscuité qui constitue un terrain favorable à la transmission de personne à personne.

 

 

L’infection à Helicobacter pylori se fait généralement dans l’enfance. Elle passe le plus souvent inaperçue et elle persiste toute la vie le plus souvent sans faire parler d’elle et sans conséquences.
Ainsi, dans les pays en voie de développement, l’infection est très rapidement acquise en raison des conditions d’hygiène et de la promiscuité : on estime que 80 % de la population y est touchée avant l’âge de 20 ans.
En revanche, dans les pays développés, 1 adulte sur 5  est infecté à l’âge de 20 ans.
En France, 5 à 10 % des enfants sont infectés et l’infection est rare avant 4 ans. Ce chiffre atteint  20 à 50 % chez les adultes. Après 60 ans, c’est près d’un français sur deux qui est infecté.
Avec l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène dans les pays développés, l’infection est moins fréquente pour les nouvelles générations que pour les anciennes.
En Europe, les migrants sont plus fréquemment infectés que les populations d’origine, et le taux d’infection est plus important quand le niveau socio-économique est bas.
Même si le nombre d’infections est très élevé, la plupart des gens n’ont heureusement pas de symptôme de l’infection.

 

 

 Comment s'infecte t'on ?

 

 

Helicobacter pylori est l’espèce inféodée à l’homme et ne vit que dans l’estomac humain. La transmission est interhumaine. L’infection a lieu dans l’enfance. Théoriquement, l’homme peut être contaminant par deux moyens : la voie orale ou par ses selles. La transmission de la bactérie se fait essentiellement par une transmission directe de personne à personne  oro-orale  et surtout gastro-orale. C’est à dire que la contamination se fait par un contact direct avec la salive infectée par des régurgitations ou lors des vomissements.
La transmission par les selles, suite à un contact par l’intermédiaire des mains ou encore à cause de l’eau et d’aliments contaminés, est plus rare et se rencontre plutôt dans les pays en voie de développement où l’hygiène est déficiente.
Le mode de transmission implique la proximité, c’est pourquoi Helicobacter pylori se transmet le plus souvent au sein d’une même famille, en particulier dans le sens parent-enfant ou entre enfants car ces derniers sont plus sensibles.

 

 

Une fois la bactérie parvenue dans l’estomac, elle  continue de proliférer tout au long de la vie tant qu’elle n’est pas éradiquée par un traitement adéquat.

 

 

Parmi les facteurs favorisant la transmission de l’infection, on retrouve la vie en collectivité, le partage des couverts, ou l’habitude de mastiquer les aliments donnés aux nourrissons.
Les facteurs liés aux mauvaises conditions socio-économiques et à l’hygiène sont également déterminants : absence de WC dans le logement, absence d’eau courante, mauvaise hygiène des mains après avoir été aux toilettes…

 

 

Quelles sont les maladies liées à Helicobacter ?

Les douleurs de l’estomac peuvent avoir de nombreuses causes.
En cas de survenue brutale de douleurs accompagnées de vomissements et de diarrhée, l’intoxication alimentaire ou la gastroentérite sont évoquées et la responsabilité d’un virus ou d’une bactérie est  suspectée dans ce contexte.
Mais si les douleurs sont chroniques, il existe peut-être des lésions de l’estomac imputable aussi à une bactérie : Helicobacter pylori.

 

 

•  Une inflammation chronique de l’estomac 

 

 

La bactérie provoque chez la personne infectée une gastrite chronique qui persiste toute la vie si l’infection n’est pas traitée. Le plus souvent, elle est d’évolution silencieuse sans manifestations ou symptômes particuliers.

 

 

•  Une révolution dans la prise en charge des ulcères de l’estomac et du duodénum

 

 

 La responsabilité d’Helicobacter pylori est à présent bien établie dans la genèse et l’entretien d’ulcères. Au niveau de l’estomac, Helicobacter pylori est responsable de 7 ulcères sur 10. Le duodénum est la partie de l’intestin qui suit immédiatement l’estomac, 9 ulcères duodénaux sur 10 sont liés à Helicobacter pylori. Depuis cette découverte, le traitement de l’infection en éradiquant la bactérie, permet non seulement de soigner l’ulcère mais aussi d’éviter les rechutes fréquentes.
Des précautions peuvent être à prendre avec certains médicaments. En effet, en cas d’infection par Helicobacter pylori , la prise de certains médicaments comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou l’aspirine pourrait augmenter les risques d’ulcère ou de saignement.

 

 

•  Helicobacter pylori, responsable de cancer de l’estomac

 

 

Dès 1994, l’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer a classé Helicobacter pylori comme carcinogène de classe I, c’est à dire entraînant un risque de cancer certain chez l’homme. A présent, on estime que la bactérie est  responsable de 60 à 90 % des cas de cancers gastriques.  Par ce biais, Helicobacter pylori pourrait faire plus de morts par an que les accidents de la route, car le cancer gastrique est particulièrement meurtrier.
Cependant tous les sujets infectés ne feront pas de cancer gastrique, loin de là, 1 % des sujets infectés pourrait développer un cancer gastrique. Plusieurs années sont nécessaires pour parvenir à ce stade ultime, parfois même plus de 30 ans. Se débarrasser de l’infection évite cette évolution surtout si cela est fait précocement avant l’apparition de lésions.
Comme il y existe des prédispositions familiales au cancer gastrique il est vivement recommandé aux enfants, frères et sœurs de personnes ayant eu un cancer de l’estomac, de faire la recherche de l’infection à Helicobacter pylori et de la traiter si nécessaire.
Outre les prédispositions familiales, un certain nombre de facteurs favorisent l’évolution vers un cancer, en particulier :
- le tabac ,
- la surconsommation de sel, ainsi qu’une alimentation riche en saumures (viande ou poisson fumés en particulier), en viande rouge…
- Certains facteurs environnementaux (exposition aux nitrates et nitrites)
- Certaines souches plus virulentes d’Helicobacter pylori. 

 

 

 • Helicobacter pylori  responsable d’autres pathologies ?

 

 

De nombreuses études en cours cherchent des liens potentiels entre Helicobacter pylori et d’autres affections, comme la dyspepsie ou même des pathologies autres que digestives. Pour l’instant, certaines personnes peuvent ressentir un bénéfice sur leurs symptômes en se débarrassant de l’infection alors que  d’autres n’en auront aucun. Migraines, maladie de Parkinson, pathologies cardiovasculaires ou certaines pathologies immunitaires ont pu ainsi être reliées à l’infection à Helicobacter pylori  sans que pour l’instant ces  hypothèses ne soient confirmées.

 

 


Comment savoir si je suis infecté ?

 

 

Des douleurs répétées au niveau de l’estomac sont des signes à prendre au sérieux, il est toujours utile d’en parler à son médecin, en particulier si des antécédents familiaux laissent supposer une tendance particulière aux ulcères et/ou aux cancers gastriques.

 

 


Il existe plusieurs méthodes de diagnostic de l’infection.

 

 


Une fibroscopie de l’estomac peut être réalisée en fonction des symptômes et du contexte et surtout si le médecin la juge utile. Elle permet une visualisation directe de l’intérieur de l’estomac et du duodénum mais aussi la recherche d’Helicobacter pylori par un test court et par une analyse au laboratoire du petit fragment prélevé dans la paroi de l’estomac. Durant les 6 heures précédant l’examen, il faut être à jeun (sans boire, ni manger) sauf avis contraire du médecin. Il est aussi nécessaire de ne pas fumer.
 
On peut aussi réaliser un test respiratoire. Ce dernier se fait aisément au laboratoire d’analyses médicales : après avoir ingéré un liquide «révélateur » (urée diluée dans un verre d’eau), il suffit de souffler dans un tube, l’analyse de l’air expiré permettant de détecter indirectement la présence d’Helicobacter pylori. Pour cet examen, il ne faut pas avoir pris de traitement antibiotique depuis au moins 4 semaines et avoir arrêté tout traitement contre l’acidité gastrique depuis au moins 2 semaines ; de plus, il faut être à jeun : c’est-à-dire ne pas avoir bu ou mangé ou fumé depuis la veille au soir.

 

 


Comment puis-je me soigner ?

Si la bactérie est détectée dans l’estomac, elle peut être éradiquée grâce à un traitement court (1 à 2 semaines), simple et efficace dans 90 % des cas.

 

 

Helicobacter pylori est une bactérie, il faut donc la traiter avec une association d’antibiotiques, accompagnée d’un médicament pour lutter contre l’acidité gastrique pendant toute la durée du traitement.

 

 

On effectue par la suite un test de contrôle pour vérifier que la bactérie a bien disparu de l’estomac. La méthode de référence pour effectuer ce contrôle est le test respiratoire si la fibroscopie n’est pas nécessaire. La sérologie ne peut être utilisée dans ce cas, car les anticorps qui sont le témoin de l’infection peuvent persister plusieurs semaines.
Ce contrôle est nécessaire car la bactérie peut ne pas être éliminée dès le premier traitement. Ceci peut être du à une résistance de celle-ci aux antibiotiques utilisés mais parfois à un traitement mal ou insuffisamment suivi. Il est donc important de respecter scrupuleusement le traitement instauré par le médecin.

 

 

En cas d’échec, de nouvelles associations d’antibiotiques peuvent être préconisées.

 

 

L’éradication d’Helicobacter pylori stoppe l’évolution des lésions de l’estomac quel que soit l’âge du malade. Le bénéfice est donc réel même si on a été infecté depuis de nombreuses années. En ce qui concerne le cancer de l’estomac, il y a un bénéfice à traiter surtout si on traite précocement avant l’apparition des lésions.

 

 

Une fois la bactérie éradiquée, la réinfection est rarissime. Le traitement peut donc être considéré comme définitif.

 

 

Napoléon Bonaparte : un illustre infecté

 

 

Tout le monde se remémore les tableaux où Napoléon Bonaparte se tient le ventre d’une main, au point d’en devenir un signe distinctif qui fit le bonheur des peintres et caricaturistes de l’époque et même jusqu’à nos jours. La raison de cette manie est longtemps restée une énigme. Les soucis du pouvoir ? Des troubles digestifs ?
Depuis  sa mort, le 5 mai 1821, les causes de son décès ont fait aussi  couler beaucoup d'encre. Une enquête réalisée par une équipe internationale d’anatomo-pathologistes, américains, suisses et canadiens, a permis de faire la lumière sur les troubles gastriques dont souffrait l’empereur et sur les causes du décès à la lueur des nouvelles avancées scientifiques. L’hypothèse de l’empoisonnement est écartée.

 

 

Il tentait en fait par ce geste de calmer des douleurs répétées à l’estomac dues à un ulcère, qui a dégénéré en un cancer de l’estomac qui lui fut fatal.
On pense aujourd’hui que ces atteintes étaient liées à une infection chronique à Helicobacter pylori !

 

 

Par Dr DURAND- Dr ROMNEY - Publié dans : cabinetgastro
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Mercredi 27 septembre 2006

Mauvaise Haleine, Bouche amère : problèmes difficiles à résoudre

 

Réelle ou imaginaire ?

	Le gastroentérologue est souvent confronté au malade (ou à un entourage...) qui
            se plaint de "mauvaise haleine" (halitose).
            Il faut bien reconnaitre que l'on reste  relativement désarmé devant ce symptôme.
            Bien des praticiens éludent ou ignorent la plainte.
            D'autres ont recours  à des traitements symptomatiques  appris au gré de l'expérience.
            La subjectivité domine ce symptôme et la première question à se poser  pour le praticien
            est "le patient à-t-il réellement une mauvaise haleine?".
            La mauvaise haleine "imaginaire", ainsi que la mauvaise haleine du réveil, la mauvaise
            haleine du fumeur ne relèvent certainement pas d'un problème digestif  et il faut réorienter
            le patient vers un neurologue un psychiâtre ou son médecin traitant.
            Si la mauvaise haleine peut être perçue le problème est plus complexe.
            La réflexe le plus naturel doit être, si cela n'est déjà fait, de rechercher une étiologie
            buccale ORL ou pulmonaire. Ces causes sont de loin les plus fréquentes (de 50 à 90% des
            patients). Il est donc hors de question d'envisager une approche gastroenterologique
            sans avoir écarté avec soin une de ces étiologies.
            Finalement le nombre des patients  pour lesquels la mauvaise haleine peut faire rechercher
            une origine digestive est faible. On peut distinguer schématiquement la mauvaise haleine
            "spécifique", qui suggère immédiatement une étiologie, et la mauvaise haleine "aspécifique"
            qui nécessite une exploration plus large.
            
 

Certaines causes sont bien identifiées...

	Les causes classiques :
            1) Le foetor hépatique
            Lié à l'insuffisance hépatocellulaire, sans pour autant préjuger de son importance,
            2) L'ail et les oignons...
            
            

Les dérivés soufrés contenus dans l'ail (allium sativum) et les oignons (allium cepa) sont en grande partie de l'odeur caractéristique de l'haleine qui accompagne leur consommation. Ils diffusent si facilement que pour avoir les inconvénients de l'ail ou de l'oignon, il n'est pas même nécessaire de les consommer, le simple contact avec la peau et la muqueuse digestive basse (cas des "suppositoires" d'ail) suffit à provoquer l'haleine caractéristique. L'ail et surtout l'oignon sont aussi riches en substances flavonoïdes, riches en dérivés phénolés comme le Kaempferol et la quercitine. Ces derniers composés sont toutefois en grande partie inactivés par la muqueuse digestive. 3) L'alcool L'haleine de l'éthylique n'est certainement pas un motif fréquent de consultation mais peut incommoder l'entourage et surtout permettre au clinicien de suspecter un éthylisme nié... Cette haleine caractéristique apparait rapidemment après la prise puisque l'alcool est absorbé par la muqueuse gastrique et la muqueuse du grêle surtout au niveau iléal. La concentration dans le sang atteint sont maximum entre 15 mn à 2 heures après l'ingestion, en fonction des aliments ingérés; les graisses, les boissons gazeuses, le fructose, les boissons à très fortes teneur en alcool ralentissent sont absorption, alors qu'un alcool faible ingéré à jeûn est absorbé très rapidement.
 

Et la pathologie digestive?

	De nombreuses pathologies digestives sont "classiquement" rapportées comme étant à
            l'origine d'une mauvaise haleine.
            Toutefois il convient de souligner que la mauvaise haleine est exceptionnellement
            au premier plan de la symptomatologie.
            En fait le tube digestif  dispose de moyens efficaces  pour éviter la diffusion des
            odeurs de fermentation ou de putréfaction. La bouche de Killian ou sphincter supérieur
            de l'oesophage assure en principe une fermeture permanente de l'oesophage; sauf au moment
            des déglutitions. Seule son incontinence (très rare), des éructations  un hoquet ou des
            vomissements peuvent entrainer la perception d'une haleine fétide.
            Les éructations ne sont toutefois  pas au sens strict  assimilables à l'halitose.
            La muqueuse iléale et surtout la muqueuse colique sont ensuite un obstacle remarquable
            à la diffusion des produits volatils de fermentation; le foie métabolisant la plupart
            des produits soufrés qui pourraient être acheminés par le sang portal.
            Les régimes riches en viandes ou en graisse, la constipation, les diarrhées infectieuses,
            les colites inflammatoires, la colite ischémique etc... ne peuvent  donc pas être
            responsables  d'une mauvaise haleine. De même et contrairement à une idée répandue, une
            haleine fétide n'est pas un signe de pullulation bactérienne du grêle.
            Il n'y a donc aucun argument pour proposer une exploration colique, une désinfection
            intestinale, chez un patient se plaignant de mauvaise haleine même si... les imidazolés
            entrainent parfois une amélioration.
            En revanche certaines pathologies rares sont responsables; soit d'une mauvaise haleine
            permanente soit plutôt d'éructations nauséabondantes. C'est le cas du diverticule de
            Zencker, qui lorsqu'il est volumineux et occupé par un bézoard peut être révélé
            par une halitose. Mais le cas reste anecdotique comme les descriptions d'halitose associée
            à une fistule oesotrachéale, à une sténose du pylore ou à une fistule gastro-colique.
            Les pathologies  plus fréquentes tels la hernie hiatale, le reflux gastro-oesophagien,
            l'achalasie, le cancer de l'oesophage ou le cancer gastrique, ne sont qu'exceptionnellement
            révélés par une haleine fétide. Et encore  de toutes ces affections, seule la fistule
            oesotrachéale peut physiologiquement expliquer l'halitose.
            Les cas publiés d'halitose associée à la présence d'helicobacter pylori au niveau de
            la muqueuse gastrique auraient pu ouvrir la voie à une nouvelle approche de cette pathologie;
            malheureusement les rares études publiées ne reposent que sur des données d'interprétation
            subjectives et concernent un nombre faible de patients au regard du nombre des sujets
            infectés par helicobacter pylori.
            On constate donc  qu'il manque au gastroentérologue des études rationnelles, utilisant
            par exemple la chromatographie en phase gazeuse, pour lui permettre  d'expliquer  une
            halitose par une pathologie digestive basse ou haute. La seule investigation qu'il peut
            proposer au patient est une fibroscopie digestive haute afin de rechercher entre autre
            un processus tumoral; mais  la rentabilité de cet examen n'est pas connue dans cette
            indication...
            Les pathologies digestives pouvant être associées à une halitose
            fistule oesotrachéale
            Diverticule de Zencker
            hernie hiatale*
            reflux gastro-oesophagien*
            cancer de l'oesophage *
            cancer gastrique*
            sténose pylorique*
            fistule gastro-colique*
            infection par helicobacter pylori*
            insuffisance hépatocellulaire
            pullulation bacterienne du grêle*
            enterocolites infectieuses*
            * : affections pour lesquelles le lien de cause à effet n'est pas formellement établi
            
Par Dr DURAND- Dr ROMNEY - Publié dans : cabinetgastro
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Jeudi 21 septembre 2006

Ballon gastrique d'amaigrissement

L'intervention consiste à remplir un ballon dans l'estomac. Le volume occupé favorise la sensation de satiété et la perte de poids. Le système de ballon intra-gastrique est un dispositif temporaire dont l'utilisation ne peut dépasser un délai de six mois. Il est destiné à permettre la perte de la surcharge pondérale lorsqu'un programme d'amaigrissement surveillé n'a pas produit les résultats escomptés.

 

 

 

 


 

 

 

 


Implantation: Mise en place du ballon intra-gastrique par voie orale, sous contrôle endoscopique et sous anesthésie générale. Le ballon sera rempli avec de l'air par l'intermédiaire du kit d'introduction.


Indications:
Le ballon intra-gastrique est un dispositif temporaire dont l'utilisation est inférieure à six mois. Il est destiné à permettre une perte de poids lorsqu'un programme d'amaigrissement surveillé n'a pas été suffisant. Il peut s'appliquer chez des patients de 18 à 55 ans, en dehors des périodes de grossesse ou d'allaitement dans les indications suivantes :

Patients présentant une obésité (IMC de 30 à 40) responsable de risques médicaux sérieux.

Patients porteurs d'un diabète de type 2 difficilement équilibrable en raison du surpoids.

Patients avec une indication de chirurgie de l'obésité (IMC supérieur à 40 ou IMC supérieur à 35 avec des facteurs de comorbidité grave) mais ayant un risque chirurgical important ou refusant la chirurgie.

Utilisation préopératoire en cas de grande obésité dans le but de diminuer le risque chirurgical par une réduction pondérale partielle.

Dans tous les cas, la pose d'un ballon intra-gastrique doit être accompagnée de consignes diététiques et d'un suivi médical.


Le surpoids

Le surpoids est estimé selon le calcul du BMI ( ou Body Mass Index ou Indice de Quetelet) ou IMC (indice de masse corporelle) qui est égal au poids sur la taille au carré (BMI = Poids (en kilos) / Taille (en centimètres)2 )

On parle de surpoids quand le BMI est entre 25 et 30  

 

  Une obésité est définie par un BMI supérieur à 30.

 Une obésité sévère ou morbide est définie par un BMI supérieur à 40

  

 

 

Catégories selon l'IMC (ou le BMI) 

- IMC inférieur à 18,5

Poids bas

- IMC compris entre 18,5 à 25

Poids normal

- IMC compris entre 25 à 30 

Surpoids 

- IMC compris entre 30 à 40 

Obésité simple

- IMC compris entre 40 à 50

Obésité morbide

- IMC supérieur à 50

Super obésité

L'obésité morbide ou sévère est responsable de conséquences néfastes sur la santé:   hypertension artérielle, diabète de type 2, hyperlipidémie (augmentation du cholestérol et des triglycérides dans le sang), syndrome d'apnée du sommeil, accidents cardio-vasculaires,  pathologies articulaires à type d'arthrose des articulations portantes (genoux, hanche, cheville, pied...), lombalgies, hernies discales,  hernie, éventrations, augmentation de l'incidence de certains cancers, macérations, mycoses des plis, infections... , conséquences psychosociales.....

Contre-indications:
L'utilisation d'un ballon intra-gastrique est contre-indiquée pour un amaigrissement à seule fin esthétique ou pour des patients avec un IMC inférieur à 30 à moins que des risques psychologiques graves soient susceptibles de régresser avec la perte de poids.

Par ailleurs, un certain nombre de conditions physiologiques ou pathologiques contre-indiquent la pose d'un ballon intra-gastrique :

1. Toutes les maladies inflammatoires, sténosantes ou potentiellement hémorragiques du tube digestif sont une contre-indication à la pose d'un ballon intra-gastrique, en particulier les ulcères gastro-duodénaux, la maladie de Crohn, les varices oesophagiennes ou gastriques, les antécédents d'occlusion intestinale. Les hernies hiatales volumineuses ou compliquées et les malformations oesophagiennes (sténoses ou diverticules) sont également des contre-indications.

2. Les
antécédents chirurgicaux du tube digestif
particulièrement gastriques ou oesophagiens et la chirurgie du reflux gastro-oesophagien.

3. Les
troubles psychiatriques
, la dépendance aux drogues ou à l'alcool ainsi que le refus d'un suivi médical et de consignes diététiques.

4. La
grossesse et l'allaitement
.

5. Les
anomalies de la coagulation
ou prise de médicaments modifiant la coagulation.

6. Un
traitement chronique par aspirine, anti-inflammatoire non stéroïdiens ou corticoïde.


Perte de poids envisagée
La littérature scientifique relate une perte de poids moyenne de 15 kg (0 à 82 kg suivant les patients).



Les résultats                           

 Les personnes bénéficiant d'un ballon intra gastrique peuvent espérer une perte de poids significative dans les 6 premiers mois. La quantité de poids perdu et la durée pour laquelle pour cet amaigrissement est maintenu dépendent des changements à long terme qui sont adoptés en matière de repas et d'exercices physiques. Le tableau ci dessous donne les résultats obtenus d'études cliniques publiées sur le ballon intra gastrique.

 

Étude publiée

Genco
(Italie)

Hervé
(Belgique)

Scherperisse
(Pays Bas)

Nombre de patients

151

320

489

Perte de poids moyenne

21

12

21 

 

Par Dr DURAND- Dr ROMNEY - Publié dans : cabinetgastro
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Vendredi 7 juillet 2006

 

  DOCTEURS  

 Magali DURAND  et   Rémy ROMNEY 

 

Hépato-Gastroentérologues 

 

  

 


Maladies de l’appareil digestif, du Foie,  

 des Voies Biliaires et du Pancréas 

 

 

 

 

 

 

 

 

Galeries de Houelbourg  

97122 Baie-Mahault GUADELOUPE 

Tél/Fax : 05 90 26 19 48  

cabinetgastro@gmail.com  

 

 

Domaines d'activité de l’Hépato-Gastroentérologue

 

 

  • Maladies d’organes :  
    • Maladies du Foie et des voies biliaires  
    • Maladies du Pancréas  
    • Maladies du tube digestif  

 

  • Endoscopie interventionnelle :  

o         Endoscopie digestive haute : techniques d’hémostases (ligature de varices oesophagiennes, colle de varices cardiotubérositaires, sclérose, pose de clips), polypectomie, mucosectomie, gastrostomie per-endoscopique, ablation de corps étrangers, ballon d’amaigrissement…

o         Endoscopie digestive basse : polypectomie, mucosectomie, ligatures d’hémorroïdes…   

o         Echographie abdominale et urinaire : diagnostique, ponction biopsie hépatique, alcoolisation de métastases et/ou de tumeurs primitives du foie, ponctions d’organes échoguidées (pancréas, ovaires)  

o         Proctologie courante   

o         Echoendoscopie diagnostique    

o         Cholangio-pancréatographie rétrograde par voie endoscopique diagnostique et thérapeutique  

 

Dr DURAND et Dr ROMNEY sont attachés à la clinique : les "Eaux Claires" 

Moudong Sud  97122 Baie-Mahault
Tel. 05 90 97 62 62

   

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Secteur d’activité : secteur 2 conventionné (Les consultations et les actes sont remboursés par la Sécurité sociale sur la base du tarif de la convention (par exemple 23 € pour une consultation), le dépassement peut être pris en charge partiellement ou totalement par une mutuelle complémentaire selon la garantie que vous avez souscrite).

Membre d'une association de gestion agréée, le réglement des honoraires par chèque est accepté

    

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Conformément à la loi Informatique et Libertés (CNIL janvier 1978), il est porté à votre connaissance que le cabinet médical est équipé d’un logiciel qui permet la tenue d’un dossier médical informatisé.

 

 

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"Le médecin s'interdit de donner des informations, conseils, avis ou prescriptions à caractère personnel car il ne peut considérer l'internaute comme un patient. Il doit, dans ce cas, le renvoyer à un médecin en mesure de pratiquer un examen clinique. En aucun cas, les avis fournis ne peuvent constituer directement ou indirectement un diagnostic et comporter directement ou indirectement une prescription."    

 

Il ne sera répondu à aucune demande de conseils, avis ou prescriptions à caractère personnel par email 

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Vendredi 7 juillet 2006

Indications, Principes d'une Cholangio-Pancréatographie Rétrograde par voie Endoscopique (CPRE): voir l'article du Dr Didier MENNECIER sur Hepatoweb: http://www.hepatoweb.com/informationcpre.html

 

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Jeudi 25 mai 2006

En finir avec la constipation

 

Ballonné(e), mal à l'aise… Votre transit vous joue des tours. Une personne sur cinq et pas moins d'une femme sur deux souffrent de constipation. Pourtant, il n'est pas toujours facile de parler de ce problème. Pour éviter que cette gêne ne devienne chronique, des solutions existent. Grâce à nos conseils, faites de nouveau la paix avec vos intestins.

 Une maladie taboue

 Souvent secrète, la constipation concerne pourtant une personne sur cinq en France. La majorité des malades sont des femmes (80 %) et des personnes âgées. Maladie psychosomatique pour les uns, héréditaire pour les autres… ses causes sont multiples. Découvrez l'essentiel sur ce trouble.

La constipation en 10 questions

 La constipation fait encore partie de ces maux tabous. Si peu de gens acceptent d’en parler, elle concerne pourtant 1 personne sur 5 en France. La majorité des malades sont des femmes (80 %) et des personnes âgées.

 1. Quand peut-on dire qu’on est constipé ?

 Pour les médecins, il y a constipation lorsqu’on va à la selle moins de 3 fois par semaine, sur une durée de plusieurs semaines voire plusieurs mois.

 2. Pourquoi les femmes sont-elles plus concernées que les hommes ?

 La grossesse prédispose à la constipation. En effet, la diminution des contractions intestinales dues aux modifications hormonales et la compression de l’utérus par le côlon contribuent au ralentissement du transit.

 Les personnes âgées y sont aussi fréquemment sujettes, la sédentarité et la prise de certains médicaments constituent des facteurs de risque souvent inhérents à cette période de la vie.

 La constipation n’épargne pas même les bébés, notamment ceux nourris au biberon et les enfants, qui "se retiennent" pour ne pas aller aux toilettes à l’école.

 3. Quelles sont les causes de la constipation ?

 Deux mécanismes sont le plus souvent en cause :

 

 

  • Une "paresse" du gros intestin : le tube se contracte peu ou mal et les selles progressent lentement ;

     

  • Un "dessèchement" des selles : la parois du colon a, entre autres fonctions, celle de réabsorber l’eau présente dans les matières fécales. En l’absence d’une hydratation régulière et suffisante, cette réabsorption d'eau dans le gros intestin peut conduire à la formation de fèces dures et sèches, rendant leur élimination difficile.

     

4. Quels sont les facteurs favorisant la constipation ?

 La constipation peut être :

 

 

  • Occasionnelle : dans ce cas, elle est souvent due à un changement des habitudes quotidiennes (voyage à l’étranger, modification de régime alimentaire, stress) ou encore au fait de "se retenir" ;

     

  • Brutale, sans cause particulière apparente : il convient alors de consulter un médecin, car elle peut être le symptôme d’une maladie plus grave ;

     

  • Chronique : lorsqu’elle est due à une mauvaise hygiène de vie (manque d’exercice, peu de boissons, alimentation déséquilibrée...). Cependant, la grossesse ainsi que certains médicaments (contre la maladie de Parkinson, la dépression, l’hypertension ou des maladies cardiaques) peuvent également favoriser une constipation à long terme.

     

5. Quels aliments dois-je éviter ?

 

 

Aucun produit n’est totalement à proscrire, cependant certains sont à consommer avec modération ! Parmi eux, les plats riches en graisse ou épicés arrivent en tête. La consommation de féculents et de farineux (pommes de terres, riz…) doit être limitée. En cas de ballonnements douloureux, il faut éviter les aliments qui ont tendance à fermenter comme les haricots blancs, les choux ou les lentilles.

 

 

6. Quels aliments favorisent le transit ?

 

 

Essentiellement les produits riches en fibres, comme les légumes verts, la salade, les fruits frais ou secs, les céréales ou le pain complet. Les fibres retiennent l’eau, augmentent le volume des selles et accélèrent le transit. Elles stimulent aussi les contractions de l’intestin.

 Un conseil : pelez les légumes le moins possible car c’est dans leur peau que se trouvent le plus de fibres ! Mais ne tombez pas dans l’excès inverse en augmentant trop brutalement votre apport en fibres, vous risqueriez ballonnements et flatulences.

 

 

7. Comment prévenir la constipation au quotidien ?

 

 

  • Buvez entre 1,5 et 2 litres de liquide (eau, thé, jus de fruits) par jour ;

     

  • Luttez contre l’inactivité, en favorisant la marche et les exercices stimulant la ceinture abdominale ;  

  • Mangez à des horaires réguliers ;

     

  • Evitez les repas sur le pouce, prenez votre temps à table ;

     

  • Ne négligez pas d’aller aux toilettes pour limiter les conditions de stress ;

     

  • Ne vous retenez jamais.

     

8. Quelles peuvent être les complications de la constipation ?

 

 

Les plus fréquentes sont les pesanteurs, les ballonnements et les douleurs intestinales. A cause de l'hyper pression qui règne au niveau du rectum, la constipation favorise également, l'apparition d'hémorroïdes. D'autre part, des selles très dures et difficiles à exonérer peuvent entraîner des douleurs et des fissures au niveau de l'anus. Dans certains cas, et en en particulier chez des personnes affaiblies et alitées, la constipation peut donner lieu à une véritable occlusion de l'intestin.

 Dans tous les cas de figure, une constipation d’apparition brutale ou d’aggravation récente doit conduire à consulter un médecin.

 

 

9. Quels laxatifs dans quelles conditions ?

 Ils sont délivrés sans ordonnance mais leur utilisation doit rester ponctuelle. Il en existe de plusieurs sortes :

 

 

  • Les laxatifs osmotiques permettent de ramollir le bol fécal en "attirant" de l’eau vers les selles. Certains laxatifs utilisés par voie locale ont également pour effet de favoriser la production de gaz : ceci entraîne une augmentation de la pression au niveau de la parois du rectum qui favorise le réflexe d’exonération des selles.

     

  • Les laxatifs émollients (huile de paraffine), qui ramollissent les selles et lubrifient le contenu colique.

     

  • Les laxatifs stimulants agissent sur la musculature de l’intestin et stimulent la sécrétion d’eau et d’électrolytes.

     

  • Les laxatifs irritants agissent sur la paroi et augmentent les contractions du tube digestif. Ils sont donc à éviter.

     

10. Pourquoi faut-il éviter l’utilisation prolongée de laxatifs ?

 

 

Les laxatifs irritants doivent être évités car ils peuvent provoquer une inflammation de la paroi du côlon et générer une dépendance : l’intestin ne peut plus se contracter sans eux, entraînant une alternance de diarrhées et de constipations.

 

 

L'utilisation pendant plusieurs années sans interruption d'huile de paraffine pourrait entraîner une malabsorption de certaines vitamines liposolubles. Chez les sujets âgés, sa prise le soir risque de provoquer une infection des poumons en cas de reflux gastro-oesophagien (la remontée du contenu de l'estomac dans l'oesophage) de l’huile ingérée.

 

 

La constipation : une maladie des temps modernes

 

 

 

Les causes de la constipation sont multiples et le plus souvent sans gravité. Et, fort heureusement de simples mesures d’hygiène de vie sont souvent très efficaces vis-à-vis de cette affection bien féminine.

 

 

Peut-être souffrez-vous d’une constipation ? Rien de plus répandu, en effet, que ce trouble banal, que les médecins définissent par l’émission de moins de trois selles par semaine pendant au minimum plusieurs mois de suite. En réalité, la constipation concerne environ un individu sur cinq. Et, si elle est plus courante chez les femmes et chez les personnes âgées que chez les autres adultes, on l’observe aussi chez les bébés, notamment ceux qui sont nourris au biberon. Chez les enfants, elle n’est pas rare non plus, en particulier chez ceux qui “ se retiennent ” car ils n’aiment pas aller aux toilettes à l’école.

 

 

Des mécanismes variés

 Les mécanismes en cause dans la survenue d’une constipation sont variés. Certaines constipations résultent d’un ralentissement de la progression des aliments le long du colon (gros intestin). Dans d’autres, il existe des difficultés à l’évacuation des selles au niveau du rectum (partie terminale du colon) et de l’anus (“constipation terminale”). Parfois, enfin, les deux types sont associés.

 Manque d’exercice, légumes en nombre insuffisant  

 

Certaines constipations sont dues au développement d’une tumeur digestive ou d’une maladie inflammatoire qui entrave le passage des aliments dans le tube digestif. C’est pourquoi vous devrez vous méfier si ce trouble est d’apparition récente, si vous avez maigri ou émettez du sang.

 

 

Cependant, le plus souvent, la constipation n’a d’autre origine qu’un alitement prolongé, le manque d’exercice, des boissons en trop faible quantité, ou une alimentation déséquilibrée ou insuffisamment riche en fibres apportées par les céréales, les légumes et les fruits. En adoptant un mode de vie plus sain, en consommant un peu de son si vous le tolérez, vous pourrez facilement vous débarrasser de ce problème.

 

 

Petits désagréments des voyages en bus, médicaments…

 

 

Certaines circonstances favorisent tout particulièrement l’apparition de ce trouble, comme les voyages à l’étranger (du moins avant l’apparition d’une éventuelle “turista” !). Interviennent, à ce niveau, tant l’absence d’activité que les modifications du régime alimentaire engendrées par la vie dans un autre pays. Pensez à boire pour vous prémunir contre ce problème.

 Certains médicaments peuvent également contribuer au développement d’une constipation, notamment les produits destinés à lutter contre la maladie de Parkinson, la dépression, l’hypertension, les maladies cardiaques ou la douleur (morphine). Si vous prenez un traitement, pensez à regarder la notice d’emploi du médicament et n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

 Par ailleurs, n’abusez pas des laxatifs. Votre intestin risquerait de devenir paresseux et de ne plus se contracter. Vous développeriez alors une constipation opiniâtre.

 

 

Intestin irritable et stress

 

 

Il arrive aussi que la constipation s’associe à un « intestin irritable », sujet aux ballonnements et aux douleurs. Dans ce cas, il n’est alors pas rare que la constipation alterne avec des diarrhées.

 Ce syndrome s’observe tout particulièrement chez des personnes anxieuses et il est plus fréquent en cas de stress, ainsi qu’après consommation de graisses, de choux… On le traite par la relaxation et les médicaments antispasmodiques.

 Bien plus rarement, la constipation constitue une complication de malformations infantiles, de maladies de la thyroïde, d’un diabète, ou accompagne une affection neurologique ou générale.

 Un problème très courant chez les femmes enceintes

 La grossesse prédispose à la constipation. En effet, la diminution des contractions intestinales provoquée par les modifications hormonales et la compression de l’utérus par le côlon s’associent pour ralentir le transit et rendre plus difficile l’émission des selles. Les principes de la prévention sont, chez les femmes enceintes, identiques à ceux que doivent respecter les autres femmes et reposent là aussi sur la consommation de boissons, de fruits et de légumes ainsi que sur la marche.

 

 

La constipation commence-t-elle dans la tête ?

Symptôme extrêmement fréquent, la constipation semble atteindre plus volontiers les personnes anxieuses. Peut-on en conclure qu’il s’agit d’une maladie psychosomatique ?

 La constipation est-elle une maladie psychologique ? Oui certainement, si l’on considère la manière dont ce symptôme gênant peut agir sur les esprits et retentir sur la vie quotidienne. Pour certaines personnes, accomplir quotidiennement cet acte banal devient une véritable obsession, qui peut concourir à accentuer les troubles en incitant à passer un temps excessif aux toilettes ou à abuser de laxatifs.

La constipation-obsession

 Au pire, cette obsession peut conduire à une véritable “maladie des laxatifs”, qui entraîne une irritation du colon. Associée à des ballonnements, la constipation est douloureuse, et incite à augmenter les doses de laxatif. Puis les selles deviennent liquides, réalisant une fausse diarrhée. Cette complication bien connue de l’abus de laxatifs touche plus souvent des femmes, inquiètes de leur constipation et qui ont tendance à dissimuler leur usage de laxatifs. Le traitement consiste en l’arrêt des laxatifs, bien sûr, associé au traitement de la constipation. Mais il est indispensable aussi de s’efforcer de relativiser l’importance de la constipation, en prenant conscience de sa banalité et de sa bénignité. Parfois un soutien psychologique est nécessaire.

 Certaines constipations peuvent avoir aussi des causes psychologiques. C’est le cas chez des enfants qui ont peur de déféquer et se retiennent d’aller au cabinet. Lorsque l’envie vient, ils contractent leur sphincter et empêchent les selles de sortir. Celles-ci s’accumulent dans le rectum, qui se dilate et ne parvient plus à se contracter. Finalement les selles ne sont plus émises qu’involontairement, lorsque le rectum est trop plein. Cette forme d’incontinence, que l’on appelle encoprésie, est relativement fréquente chez l’enfant. La peur d’aller à la selle peut-être due à la présence d’une fissure anale ou à une autre cause de défécation douloureuse. Mais, parfois il semble qu’un traumatisme psychologique soit en cause. Il est important de rassurer l’enfant, de supprimer toutes les causes possibles de douleurs et d’assurer éventuellement une prise en charge psychologique.

 

 

Quand le colon s’irrite

 De nombreuses constipations surviennent dans le cadre d’un syndrome du “colon irritable”. L’intestin se contracte de manière spasmodique, mais sans propulser efficacement les matières fécales, ce qui entraîne douleurs et constipation (ou parfois diarrhée). Ce syndrome extrêmement courant, puisqu’il touche une personne sur trois, semble plus fréquent chez les sujets au tempérament anxieux. Cependant, il semble que l’anxiété soit plus un facteur déclenchant des crises, que la cause de la colopathie.

 De même, plusieurs études ont montré la présence fréquente de troubles psychologiques (anxiété, dépression, relations sociales difficiles) chez les femmes ayant une constipation chronique, par rapport à des femmes ayant d’autres affections digestives. Il reste cependant à déterminer le type de liens unissant ces troubles psychiques et digestifs.

 L’alimentation pourrait être en cause, mais aussi la place particulière accordée à cette fonction, conduisant à faire de la régularité des selles une préoccupation majeure et incitant plus souvent à consulter. Il est important de rappeler que la constipation n’est pas une maladie grave et qu’elle ne provoque ni intoxication, ni risque de cancer ou d’occlusion. 

Par Dr DURAND- Dr ROMNEY - Publié dans : cabinetgastro
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Samedi 20 mai 2006

 Les TROUBLES DIGESTIFS.

 

 

 

 

Chaque année plus de 8 millions de personnes interrogent leur pharmacien ou consultent leur médecin parce qu'ils souffrent de troubles digestifs.

 Ces troubles sont souvent bénins mais cependant ils ne doivent pas être négligés car ils sont parfois l'expression d'une maladie plus grave (ulcère. . .). Leur persistance nécessite toujours une consultation médicale.

 La pathologie digestive regroupe des symptômes très variés, qu'il est nécessaire de faire préciser afin de bien les interpréter pour les traiter. Dyspepsie, maux d'estomac, intestin irritable, troubles du transit sont les plaintes les plus souvent exprimées. Les maux d'estomac toucheraient 40 % des Français de plus de 18 ans.

 

La digestion permet à notre organisme de transformer les aliments en nutritifs simples capables de passer dans la circulation sanguine. 

Ce processus physiologique essentiel implique des phénomènes mécaniques (broyage dans la bouche, brassage dans l'estomac ...), chimiques (action de la salive, action du suc gastrique, du suc pancréatique ... ). 

 

 Les diverses pathologies digestives

 Les troubles décrits par les patients sont nombreux et variés puisqu'ils peuvent concerner chacun des organes qui constituent l'appareil digestif.

 Les troubles gastriques.

 1- La dyspepsie:

 Plainte mal définie, la dyspepsie regroupe les différentes sensations de digestion difficile non reliées à une atteinte organique de l'estomac ou de la vésicule biliaire. Les symptômes variés sont. pesanteur épigastrique (épigastre: partie supérieure de l'estomac) après les repas, nausées ou vomissements, aérophagie, éructations et épigastralgies (douleur de l'épigastre) calmées par la prise d'aliments. L'ensemble des troubles peut être dû à un véritable dysfonctionnement de l'estomac.  Le syndrome dyspeptique, considéré souvent comme une pathologie banale sans lésions organiques sous-jacentes, est un motif fréquent de consultation: 1 à 3 % de la population. Certains facteurs peuvent être incriminés dans l'apparition de la dyspepsie: repas trop copieux ou trop rapide, alimentation trop riche, stress, abus de tabac.

 2- Le reflux gastro-oesophagien (RGO)

 À l'origine d'une douleur au niveau de l'œsophage ou de l'estomac (épigastralgie), le reflux gastro-œsophagien correspond à une remontée anormale du contenu acide de l'estomac dans l'œsophage. Le RGO est très fréquent: presque un adulte sur deux se plaint d'un épisode par mois; 5 à 10 % de la population souffre d'un épisode quotidien. Le principal symptôme est une sensation de brûlure, le pyrosis, qui part de l'estomac et remonte jusqu'à la gorge. Celle-ci est due à des régurgitations acides. L'acidité gastrique peut entraîner à la longue des lésions inflammatoires ou ulcéreuses de la muqueuse œsophagienne : l'œsophagite.

 3- L'ulcère gastrique et duodénal

La maladie ulcéreuse consiste en une altération en profondeur d'une zone limitée de la muqueuse de l'estomac ou du duodénum (portion initiale de l'intestin grêle). La douleur ulcéreuse se traduit, de façon intermittente, par des sensations de crampes que l'on ressent à distance des repas (2 à 3 heures plus tard) et calmées par la prise d'aliments. L'ulcère évolue par crises avec des périodes d'accalmie. Certains facteurs contribuent à l'apparition d'ulcères : hérédité, sexe masculin, stress et anxiété. Le rôle d'une bactérie, Helicobacter pylori a été mis en évidence dans le processus inflammatoire chronique de la muqueuse. Ce germe prolifère à la surface des cellules de la paroi stomacale, et détruit la substance protectrice de celle-ci. Apparaît alors une irritation voire une destruction de la muqueuse par les sucs gastriques.

 

 

les traitements  

 

Devant la diversité des troubles évoqués, les médicaments pouvant être prescrits ou conseillés sont nombreux: à chaque symptôme son traitement.

 La liste qui suit n'est pas exhaustive, certaines maladies organiques, parfois graves, à l'origine de troubles digestifs nécessitent des traitements spécifiques qui ne sont pas envisagés ici. 

 

 

En cas de troubles gastriques:

a- les antiacides neutralisent l'acidité gastrique de façon rapide mais limitée dans le temps, en assurant une protection de la muqueuse œsophagienne et gastrique, sans intervenir directement sur les mécanismes de la sécrétion gastrique. Attention, les antiacides diminuent l'absorption d'autres médicaments : ils doivent être pris à distance de ceux-ci, environ une à deux heures après les repas.

 b- les pansements gastro-duodénaux forment un film protecteur sur la muqueuse en la protégeant de l'acide ou des substances irritantes.

 c- les anti-sécrétoires bloquent la sécrétion acide de l'estomac. Prescris à certaines doses dans le cas d'ulcère et de reflux gastro-œsophagien, ils agissent rapidement pour calmer la douleur et facilitent la cicatrisation des lésions.

 

 

 

 

 

 

d- les antibiotiques peuvent être utilisés (en association avec un anti-sécrétoire) en cas de présence d'Helicobacter Pylori.

 e- les antispasmodiques en cas de douleur modifient la motricité de l'estomac et font disparaître les crampes douloureuses.

 f- les cholagogues stimulent la libération de la bile stockée dans la vésicule et les cholérétiques augmentent la sécrétion biliaire du foie et facilitent la digestion.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les troubles intestinaux

 

 

 Ils représentent environ deux tiers des consultations chez les gastro-entérologues et un quart chez les médecins généralistes. Les patients se plaignent le plus souvent de troubles du transit (diarrhée ou constipation) mais aussi de douleurs abdominales dont les causes diagnostiquées sont: une colopathie fonctionnelle (13 % des consultations), une colite, un intestin ou colon irritable.

 La colopathie fonctionnelle associe des douleurs abdominales, des ballonnements et des troubles du transit. La constipation signe le plus fréquent, est lié à un ralentissement du bol fécal dans le colon et à la disparition du besoin de défécation. Une augmentation de la production de gaz colique apparaît, liée à un dysfonctionnement de la flore bactérienne locale mais également à un processus anormal de fermentation. Ballonnements et flatulences sont alors source de spasmes et de crampes douloureuses. Les troubles psychologiques (stress, anxiété ... ) associés à une alimentation irritant les muqueuses (boissons alcoolisées, épices, café, thé ... ) sont souvent à l'origine de ces perturbations.

La constipation, qui touche 1/3 de la population française et plus particulièrement les femmes (2 à 3 fois plus que les hommes) se définit comme une évacuation difficile ou rare des matières fécales. Le symptôme peut se traduire aussi par une difficulté lors de la défécation qui entraîne des selles dures et déshydratées. On peut parler de constipation quand la fréquence des selles est inférieure à une selle tous les 3 jours. Il est faux de croire que la défécation doit "être quotidienne d'où de fausses interprétations de constipation. Il est indispensable de laisser l'intestin fonctionner à son rythme. Mais un changement d'habitude, de régime, un décalage horaire, un voyage, un alitement prolongé peuvent expliquer une constipation récente et isolée. Elle est dite occasionnelle. Certaines personnes souffrent de constipation chronique due le plus souvent à un trouble fonctionnel. Par exemple le trouble de la progression colique (l'intestin est dit paresseux) provoque une constipation chez des personnes ayant une alimentation souvent pauvre en fibres et une vie sédentaire. Certaines maladies constituent des causes d'aggravation de la constipation: sténose du pylore (rétrécissement de la partie terminale de l'estomac), cancers gastro-intestinaux, hémorroïdes ou abcès anaux. Le diabète, l'hypothyroïdie, l'insuffisance rénale peuvent entraîner une constipation. De même que certains médicaments : antiacides, antidépresseurs, barbituriques, antitussifs, antihistaminiques.

La diarrhée, à l'inverse, se définit comme une augmentation du volume, de la fluidité ou de la fréquence des selles par rapport aux habitudes du patient. Symptôme relativement fréquent et généralement bénin, il peut avoir des origines diverses: intoxication alimentaire, infections bactériennes, virales ou parasitaires. Une diarrhée persistante peut être liée à une maladie générale (pancréatite, hyperthyroïdie ... ), à une pathologie colique inflammatoire ou encore révélée une présence de parasites intestinaux. Les diarrhées aiguës sont le plus souvent d'origine infectieuse.

 

 

 

En cas de troubles intestinaux:  

 

a- les anti-flatulents et absorbants (charbons actifs) ont pour rôle d'absorber les gaz formés en excès. 

b- les laxatifs dans le traitement de la constipation facilitent le transit par des mécanismes différents. Les laxatifs de lest (gommes, mucilages et fibres) améliorent le transit en augmentant le volume des matières fécales; les laxatifs lubrifiants (huile de paraffine ... ) ramollissent et lubrifient les selles; les laxatifs osmotiques augmentent l'hydratation, le volume du contenu colique, la motricité de l'intestin. Les laxatifs stimulants employés sous forme de suppositoires ou de gels, sont indiqués dans les cas de costipation basse avec difficulté de défécation. 

c- Le traitement de la diarrhée doit toujours être accompagné d'un régime alimentaire épargnant le travail de l'intestin (diète) et de boisson abondante pour éviter la deshydratation. Les médicaments prescrits ou conseillés sont les suivants: 

- les topiques adsorbants (argiles, charbons) doués de propriétés adsorbantes

             - les antiseptiques intestinaux prescrits dans les diarrhées présumées  d'origine bactérienne pour empêcher la prolifération des germes.

            - les ralentisseurs de transit qui agissent en freinant le transit intestinal

            - les antibiotiques qui peuvent être prescrits après la mise en évidence de germes pathologiques contre lesquels il est indispensable de lutter.  

 

 

 

 

 

 

 

Troubles digestifs et d'hygiène de vie

 Pour prévenir les troubles digestifs :

 - Avoir une alimentation variée et équilibrée.

- Manger dans le calme et en y consacrant le temps nécessaire et si possible à heures fixes.

 

 - Boire suffisamment d'eau dans la journée.

- Éviter dans la mesure du possible stress et anxiété.

 

  - Observer une bonne hygiène de vie générale: sommeil suffisant, exercice physique.

 - Éviter la vie sédentaire.

 - Limiter la consommation d'alcool, supprimer le tabac.

 - En cas de diarrhée, il est recommandé de s'hydrater et d'observer une diète alimentaire.

 Penser devant la persistance de troubles digestifs, même bénins, à consulter son médecin.

 

 

 

 

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Mardi 16 mai 2006

Hépatite virale C

 

 

 

 

 

 

Comment se transmet le virus ?

 

 

 La contamination par le virus de l’hépatite C se produit principalement par contact avec le sang d’une personne infectée. Cette situation peut se produire dans certaines situations.

Par transfusion

Grâce à l’instauration de la loi sur le dépistage obligatoire des dons de sang depuis 1990, le risque de contamination par transfusion est inférieur à 5 pour un million. Depuis 1992, un test de dépistage du virus de l’hépatite C a réduit considérablement ce risque. Enfin en 2001, la recherche du génome du virus rend les contaminations exceptionnelles. Cependant, du fait de la durée d’incubation longue de l’hépatite C, l’infection par transfusion représente encore entre 20 et 40 % des cas de séropositivité.

Mais souvent les personnes ignorent qu’elles ont été transfusées. L’administration de produits sanguins peut avoir lieu lors d’une greffe, d’une intervention chirurgicale importante, d’une hospitalisation en réanimation, d’une hémorragie digestive, d’un accouchement compliqué, de soins en néonatalogie, etc.

Par toxicomanie intraveineuse

70 % des nouveaux cas d’hépatite C concernent des toxicomanes. Si l’utilisation de seringues à usage unique permet de réduire ce mode de contamination, la transmission est également possible à partir du petit matériel de préparation : petites cuillères, coton, paille pour sniffer…

 Contamination en milieu hospitalier – infections nosocomiales

 

Des cas de contamination en milieu hospitalier ont été recensés ; ils sont le fait de transmissions de virus entre équipes soignantes et malades lors de la réalisation d’actes médicaux (par piqûre, exposition répétées à des sécrétions comprenant des virus…). Cependant, il est aisé de prévenir ces risques grâce à des mesures d’hygiène strictes. La généralisation des instruments médicaux à usage unique a  considérablement réduit ce risque. Cependant, une évaluation des pratiques professionnelles comme l’endoscopie, de dentisterie, stomatologie, biopsie… sera lancée dès mars 2002. Enfin, "la question des professionnels de santé porteurs chroniques du virus des hépatites B et C et les risques de transmission aux malades devra être approfondie" selon les termes du Ministre Bernard Kouchner.

Transmission sexuelle

Le VHC n’est pas trouvé dans les urines, les selles et les sécrétions vaginales. Cependant, on le retrouve de manière aléatoire dans la salive et le sperme. Ainsi, la transmission par voie sexuelle reste aujourd’hui exceptionnelle qu’il s’agisse de rapports hétérosexuels ou homosexuels. Cependant, elle semble augmenter si les rapports ont lieu à l’occasion des règles ou en cas d’infections génitales ou de lésions des organes sexuels.

Transmission de la mère à l’enfant

La transmission de la mère à l’enfant est estimée à 5 %. On estime aujourd’hui qu’elle se produit très probablement au cours de l’accouchement.

Tatouage et piercing

L’utilisation de matériel insuffisamment stérilisé lors de séance de piercing, de tatouage ou d’acupuncture peut également être un facteur de transmission. La campagne d’information lancée par le Comité Français d’Education pour la santé en juin 2001 avait attiré l’attention sur ces pratiques.

Modes de transmission inconnus

Dans 20 à 40 % des cas, les modes de contamination restent inconnus (causes multiples, contamination ancienne…).

Quelle est l’évolution de l’hépatite C ?

Chez ceux qui n’ont pas éliminé spontanément le virus, l’infection devient chronique. Dans la majorité des cas, l’hépatite C n’entraîne pas de lésions très étendues du foie. Mais pour 20 % des patients, la maladie peut évoluer vers la cirrhose, parfois plusieurs années après la contamination. Quels sont les différents stades de la maladie ? Quels sont les facteurs aggravants ? Petite histoire d’une maladie silencieuse.

L’hépatite C est une maladie fréquente. Pas moins de 3 % de la population mondiale est victime d’une infection chronique par le virus de l'hépatite C (VHC). Souvent asymptomatique, l'hépatite chronique C n’en est pas moins une cause majeure de cirrhose et de cancer primitif du foie. Enfin, la cirrhose liée à l'hépatite C est actuellement la première cause de greffe de foie en Europe.

De la contamination à la fibrose

Après une période d’incubation de 4 à 6 semaines, la gravité de l’infection tient au pouvoir d’altération que le virus a sur le foie. Le virus ne se limite d’ailleurs pas à l’infection de ce seul organe : des séquences d'ARN viral ont en effet été détectées dans les cellules mononucléées (avec un seul noyau) du sang et on le retrouve également au niveau thyroïdien ou articulaire, sous forme de maladies auto-immunes.

Lors d’une hépatite, les cellules du foie –hépatocytes- à l’origine de toutes ses fonctions, sont détruites. Un tissu cicatriciel - la fibrose - les remplace. Le stade ultime de la fibrose s’appelle la cirrhose. Enfin, la cirrhose est un important facteur de risque de cancer primitif du foie.

Une action en quatre temps

Le virus se caractérise ainsi non seulement par un risque élevé de chronicité, mais aussi par sa capacité à se multiplier tout au long de l'évolution de la maladie.

 Des signes cliniques trompeurs

 

Avec environ 650 000 cas recensés en France, le virus de l'hépatite C (VHC) est responsable d'environ 20 % des cas d'hépatites aiguës et de 70 % des cas d'hépatite chroniques. Cause majeure de cirrhose et de cancer primitif du foie, l'hépatite C est un important problème de santé publique. Quels sont les symptômes et les examens permettant de diagnostiquer une telle infection ?

 Dans le monde, 150 millions de personnes sont porteuses du virus C. En France sur les 600 à 650 000 personnes porteuses du virus, 80 % auraient une évolution chronique avec persistance du virus. Et chaque année, environ 5 000 nouveaux cas d'hépatite C apparaissent. Seuls 50 % des malades se savent atteints.

Un virus qui cache son jeu

Peu spécifiques, les symptômes ne sont pas caractéristiques : fatigue, nausées, douleurs de l'hypochondre droit, suivies par l'apparition d'urines foncées et d'un ictère. Les signes cliniques étant parfois trompeurs, l'hépatite C n'est pas facilement diagnostiquée.

Lorsqu'elle devient chronique, elle est la plupart du temps dépourvue de symptôme. Attention, cette absence de symptômes ne signifie pas que la maladie est anodine. Dans 60 à 80 % des cas, elle augmente considérablement les risques de développer une cirrhose ou un cancer du foie. Son identification passe par des examens sanguins.

Les examens pour le débusquer

Si les premiers tests utilisés ont abouti au diagnostic de faux positifs, les progrès techniques permettent aujourd'hui de résoudre ce problème.

Les différents examens sont :

  • Le test de dépistage classique (ELISA). Une simple prise de sang permet de rechercher des anticorps témoins d'une infection avec le virus de l'hépatite C. Attention, un test positif devra être confirmé par une seconde prise de sang. Prescrit par un médecin, ce test est remboursé à 100 % par la Sécurité Sociale. Les Centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) dispensent également gratuitement ce type de test sans avance de frais. Attention, la positivité à ce test n'implique pas forcément l'existence d'une hépatite virale C ;
  • Le dosage des transaminases. En cas d'agression, le foie libère dans le sang des enzymes caractéristiques d'une hépatite (inflammation du foie). Aucun lien entre le niveau de transaminases et l'importance des lésions hépatiques n'a été établi ;
  • La recherche du virus C dans le sang. Ce test repose sur la recherche d'ARN viral détectable dans le sérum dès la première semaine après la contamination. Le matériel génétique du virus est mis en évidence par la technique d'amplification dite "PCR". Elle permettra de distinguer les patients guéris de ceux nécessitant un suivi médical ;
  • La mesure de la charge virale permet de déterminer la quantité de virus dans le sang. Elle permet de vérifier le bien fondé du traitement ;
  • Le génotype du virus est un indicateur des chances de guérison du patient. On distingue différents types de virus de l'hépatite C. Chacun réagissant différemment au traitement.

S'il y a élévation des transaminases et un résultat positif de recherche d'ADN viral, on peut pratiquer une biopsie du foie. Ce prélèvement et l'analyse de quelques millimètres de la glande permet de juger de l'activité du virus, du degré de l'atteinte hépatique et de l'indication d'un traitement. Elle se réalise en milieu hospitalier sous anesthésie locale et nécessite une hospitalisation de 10 à 24 heures. En fonction des résultats de la biopsie, le suivi de la maladie comportera un suivi régulier des transaminases ou un traitement antiviral.

Tout ce que vous devez savoir sur la biopsie du foie

La biopsie du foie fait peur aux patients. Pourtant, il s’agit actuellement d’un examen indispensable à la définition du traitement. Comment se déroule cet examen ? Comment s’y préparer ? Quelles sont les suites ? Existe-t-il des alternatives à la biopsie du foie ?

  Après le diagnostic de l’hépatite C, la biopsie est le seul examen qui permettra de déterminer la nécessité et le type de traitement.

Qu’est ce que la biopsie du foie ?

La biopsie du foie consiste en un prélèvement d’un tout petit morceau de foie sur le côté droit en piquant à travers la peau entre deux côtes avec une aiguille très fine. Cet examen est pratiqué dans un service hospitalier spécialisé public ou privé. Généralement sous anesthésie locale, elle donne lieu à une hospitalisation de 10 à 24 heures. L’indication de la biopsie est actuellement réservée aux personnes chez qui on constate une élévation des transaminases (enzymes témoignant d’une atteinte du foie) et une recherche de l’ADN viral (PCR) positive.

Mais la prochaine conférence de consensus du 27 et 28 février 2002 permettra une actualisation de ces indications.

Comment s’y préparer et quelles sont les suites opératoires ?

Tout d’abord, votre médecin est là pour vous informer sur le déroulement, la préparation et les suites opératoires d’un tel examen ; exposez-lui toutes vos interrogations et vos craintes.

Pour se préparer à la biopsie, il convient de ne pas prendre de médicament pouvant modifier la coagulation, comme l’aspirine. Au cours de l’entretien préalable, le médecin s’assurera qu’une échographie du foie et qu’un bilan sanguin de coagulation ont été pratiqués. Il pourra éventuellement vous proposer avant l’examen un médicament contre la douleur.

La ponction ne laisse pas de cicatrice et le pansement est enlevé dès le lendemain. La douleur post-opératoire peut être localisée au niveau du foie et de l’épaule droite. N’hésitez pas à faire part de votre douleur, l’infirmier pourra vous prescrire un médicament antalgique. On conseille généralement d’éviter les efforts physiques importants dès la sortie de l’hôpital et durant la semaine suivant l’opération. Durant ce même délai, il est interdit de prendre des médicaments modifiant la coagulation et de ne pas partir en voyage dans des pays à faible niveau sanitaire.

Comme tout acte chirurgical, la biopsie comporte un risque de complication. Néanmoins, ce risque principalement hémorragique est extrêmement faible (inférieur à 1 pour 1 000)

L’analyse microscopique du prélèvement permet d’évaluer l’activité de l’hépatite C, l’importance de l’atteinte de l’organe et surtout l’indication ou non d’un traitement. L’atteinte de la fibrose (formation de tissu fibreux au niveau du foie) est exprimée par un score appelé Metavir de 0 à 4. Ce chiffre sera un élément indispensable à la détermination de la prise en charge thérapeutique adéquate.

Par Dr DURAND- Dr ROMNEY - Publié dans : cabinetgastro
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