Mardi 16 mai 2006

Hépatite virale C

 

 

 

 

 

 

Comment se transmet le virus ?

 

 

 La contamination par le virus de l’hépatite C se produit principalement par contact avec le sang d’une personne infectée. Cette situation peut se produire dans certaines situations.

Par transfusion

Grâce à l’instauration de la loi sur le dépistage obligatoire des dons de sang depuis 1990, le risque de contamination par transfusion est inférieur à 5 pour un million. Depuis 1992, un test de dépistage du virus de l’hépatite C a réduit considérablement ce risque. Enfin en 2001, la recherche du génome du virus rend les contaminations exceptionnelles. Cependant, du fait de la durée d’incubation longue de l’hépatite C, l’infection par transfusion représente encore entre 20 et 40 % des cas de séropositivité.

Mais souvent les personnes ignorent qu’elles ont été transfusées. L’administration de produits sanguins peut avoir lieu lors d’une greffe, d’une intervention chirurgicale importante, d’une hospitalisation en réanimation, d’une hémorragie digestive, d’un accouchement compliqué, de soins en néonatalogie, etc.

Par toxicomanie intraveineuse

70 % des nouveaux cas d’hépatite C concernent des toxicomanes. Si l’utilisation de seringues à usage unique permet de réduire ce mode de contamination, la transmission est également possible à partir du petit matériel de préparation : petites cuillères, coton, paille pour sniffer…

 Contamination en milieu hospitalier – infections nosocomiales

 

Des cas de contamination en milieu hospitalier ont été recensés ; ils sont le fait de transmissions de virus entre équipes soignantes et malades lors de la réalisation d’actes médicaux (par piqûre, exposition répétées à des sécrétions comprenant des virus…). Cependant, il est aisé de prévenir ces risques grâce à des mesures d’hygiène strictes. La généralisation des instruments médicaux à usage unique a  considérablement réduit ce risque. Cependant, une évaluation des pratiques professionnelles comme l’endoscopie, de dentisterie, stomatologie, biopsie… sera lancée dès mars 2002. Enfin, "la question des professionnels de santé porteurs chroniques du virus des hépatites B et C et les risques de transmission aux malades devra être approfondie" selon les termes du Ministre Bernard Kouchner.

Transmission sexuelle

Le VHC n’est pas trouvé dans les urines, les selles et les sécrétions vaginales. Cependant, on le retrouve de manière aléatoire dans la salive et le sperme. Ainsi, la transmission par voie sexuelle reste aujourd’hui exceptionnelle qu’il s’agisse de rapports hétérosexuels ou homosexuels. Cependant, elle semble augmenter si les rapports ont lieu à l’occasion des règles ou en cas d’infections génitales ou de lésions des organes sexuels.

Transmission de la mère à l’enfant

La transmission de la mère à l’enfant est estimée à 5 %. On estime aujourd’hui qu’elle se produit très probablement au cours de l’accouchement.

Tatouage et piercing

L’utilisation de matériel insuffisamment stérilisé lors de séance de piercing, de tatouage ou d’acupuncture peut également être un facteur de transmission. La campagne d’information lancée par le Comité Français d’Education pour la santé en juin 2001 avait attiré l’attention sur ces pratiques.

Modes de transmission inconnus

Dans 20 à 40 % des cas, les modes de contamination restent inconnus (causes multiples, contamination ancienne…).

Quelle est l’évolution de l’hépatite C ?

Chez ceux qui n’ont pas éliminé spontanément le virus, l’infection devient chronique. Dans la majorité des cas, l’hépatite C n’entraîne pas de lésions très étendues du foie. Mais pour 20 % des patients, la maladie peut évoluer vers la cirrhose, parfois plusieurs années après la contamination. Quels sont les différents stades de la maladie ? Quels sont les facteurs aggravants ? Petite histoire d’une maladie silencieuse.

L’hépatite C est une maladie fréquente. Pas moins de 3 % de la population mondiale est victime d’une infection chronique par le virus de l'hépatite C (VHC). Souvent asymptomatique, l'hépatite chronique C n’en est pas moins une cause majeure de cirrhose et de cancer primitif du foie. Enfin, la cirrhose liée à l'hépatite C est actuellement la première cause de greffe de foie en Europe.

De la contamination à la fibrose

Après une période d’incubation de 4 à 6 semaines, la gravité de l’infection tient au pouvoir d’altération que le virus a sur le foie. Le virus ne se limite d’ailleurs pas à l’infection de ce seul organe : des séquences d'ARN viral ont en effet été détectées dans les cellules mononucléées (avec un seul noyau) du sang et on le retrouve également au niveau thyroïdien ou articulaire, sous forme de maladies auto-immunes.

Lors d’une hépatite, les cellules du foie –hépatocytes- à l’origine de toutes ses fonctions, sont détruites. Un tissu cicatriciel - la fibrose - les remplace. Le stade ultime de la fibrose s’appelle la cirrhose. Enfin, la cirrhose est un important facteur de risque de cancer primitif du foie.

Une action en quatre temps

Le virus se caractérise ainsi non seulement par un risque élevé de chronicité, mais aussi par sa capacité à se multiplier tout au long de l'évolution de la maladie.

 Des signes cliniques trompeurs

 

Avec environ 650 000 cas recensés en France, le virus de l'hépatite C (VHC) est responsable d'environ 20 % des cas d'hépatites aiguës et de 70 % des cas d'hépatite chroniques. Cause majeure de cirrhose et de cancer primitif du foie, l'hépatite C est un important problème de santé publique. Quels sont les symptômes et les examens permettant de diagnostiquer une telle infection ?

 Dans le monde, 150 millions de personnes sont porteuses du virus C. En France sur les 600 à 650 000 personnes porteuses du virus, 80 % auraient une évolution chronique avec persistance du virus. Et chaque année, environ 5 000 nouveaux cas d'hépatite C apparaissent. Seuls 50 % des malades se savent atteints.

Un virus qui cache son jeu

Peu spécifiques, les symptômes ne sont pas caractéristiques : fatigue, nausées, douleurs de l'hypochondre droit, suivies par l'apparition d'urines foncées et d'un ictère. Les signes cliniques étant parfois trompeurs, l'hépatite C n'est pas facilement diagnostiquée.

Lorsqu'elle devient chronique, elle est la plupart du temps dépourvue de symptôme. Attention, cette absence de symptômes ne signifie pas que la maladie est anodine. Dans 60 à 80 % des cas, elle augmente considérablement les risques de développer une cirrhose ou un cancer du foie. Son identification passe par des examens sanguins.

Les examens pour le débusquer

Si les premiers tests utilisés ont abouti au diagnostic de faux positifs, les progrès techniques permettent aujourd'hui de résoudre ce problème.

Les différents examens sont :

  • Le test de dépistage classique (ELISA). Une simple prise de sang permet de rechercher des anticorps témoins d'une infection avec le virus de l'hépatite C. Attention, un test positif devra être confirmé par une seconde prise de sang. Prescrit par un médecin, ce test est remboursé à 100 % par la Sécurité Sociale. Les Centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) dispensent également gratuitement ce type de test sans avance de frais. Attention, la positivité à ce test n'implique pas forcément l'existence d'une hépatite virale C ;
  • Le dosage des transaminases. En cas d'agression, le foie libère dans le sang des enzymes caractéristiques d'une hépatite (inflammation du foie). Aucun lien entre le niveau de transaminases et l'importance des lésions hépatiques n'a été établi ;
  • La recherche du virus C dans le sang. Ce test repose sur la recherche d'ARN viral détectable dans le sérum dès la première semaine après la contamination. Le matériel génétique du virus est mis en évidence par la technique d'amplification dite "PCR". Elle permettra de distinguer les patients guéris de ceux nécessitant un suivi médical ;
  • La mesure de la charge virale permet de déterminer la quantité de virus dans le sang. Elle permet de vérifier le bien fondé du traitement ;
  • Le génotype du virus est un indicateur des chances de guérison du patient. On distingue différents types de virus de l'hépatite C. Chacun réagissant différemment au traitement.

S'il y a élévation des transaminases et un résultat positif de recherche d'ADN viral, on peut pratiquer une biopsie du foie. Ce prélèvement et l'analyse de quelques millimètres de la glande permet de juger de l'activité du virus, du degré de l'atteinte hépatique et de l'indication d'un traitement. Elle se réalise en milieu hospitalier sous anesthésie locale et nécessite une hospitalisation de 10 à 24 heures. En fonction des résultats de la biopsie, le suivi de la maladie comportera un suivi régulier des transaminases ou un traitement antiviral.

Tout ce que vous devez savoir sur la biopsie du foie

La biopsie du foie fait peur aux patients. Pourtant, il s’agit actuellement d’un examen indispensable à la définition du traitement. Comment se déroule cet examen ? Comment s’y préparer ? Quelles sont les suites ? Existe-t-il des alternatives à la biopsie du foie ?

  Après le diagnostic de l’hépatite C, la biopsie est le seul examen qui permettra de déterminer la nécessité et le type de traitement.

Qu’est ce que la biopsie du foie ?

La biopsie du foie consiste en un prélèvement d’un tout petit morceau de foie sur le côté droit en piquant à travers la peau entre deux côtes avec une aiguille très fine. Cet examen est pratiqué dans un service hospitalier spécialisé public ou privé. Généralement sous anesthésie locale, elle donne lieu à une hospitalisation de 10 à 24 heures. L’indication de la biopsie est actuellement réservée aux personnes chez qui on constate une élévation des transaminases (enzymes témoignant d’une atteinte du foie) et une recherche de l’ADN viral (PCR) positive.

Mais la prochaine conférence de consensus du 27 et 28 février 2002 permettra une actualisation de ces indications.

Comment s’y préparer et quelles sont les suites opératoires ?

Tout d’abord, votre médecin est là pour vous informer sur le déroulement, la préparation et les suites opératoires d’un tel examen ; exposez-lui toutes vos interrogations et vos craintes.

Pour se préparer à la biopsie, il convient de ne pas prendre de médicament pouvant modifier la coagulation, comme l’aspirine. Au cours de l’entretien préalable, le médecin s’assurera qu’une échographie du foie et qu’un bilan sanguin de coagulation ont été pratiqués. Il pourra éventuellement vous proposer avant l’examen un médicament contre la douleur.

La ponction ne laisse pas de cicatrice et le pansement est enlevé dès le lendemain. La douleur post-opératoire peut être localisée au niveau du foie et de l’épaule droite. N’hésitez pas à faire part de votre douleur, l’infirmier pourra vous prescrire un médicament antalgique. On conseille généralement d’éviter les efforts physiques importants dès la sortie de l’hôpital et durant la semaine suivant l’opération. Durant ce même délai, il est interdit de prendre des médicaments modifiant la coagulation et de ne pas partir en voyage dans des pays à faible niveau sanitaire.

Comme tout acte chirurgical, la biopsie comporte un risque de complication. Néanmoins, ce risque principalement hémorragique est extrêmement faible (inférieur à 1 pour 1 000)

L’analyse microscopique du prélèvement permet d’évaluer l’activité de l’hépatite C, l’importance de l’atteinte de l’organe et surtout l’indication ou non d’un traitement. L’atteinte de la fibrose (formation de tissu fibreux au niveau du foie) est exprimée par un score appelé Metavir de 0 à 4. Ce chiffre sera un élément indispensable à la détermination de la prise en charge thérapeutique adéquate.

Par Dr DURAND- Dr ROMNEY - Publié dans : cabinetgastro
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