Jeudi 25 mai 2006

En finir avec la constipation

 

Ballonné(e), mal à l'aise… Votre transit vous joue des tours. Une personne sur cinq et pas moins d'une femme sur deux souffrent de constipation. Pourtant, il n'est pas toujours facile de parler de ce problème. Pour éviter que cette gêne ne devienne chronique, des solutions existent. Grâce à nos conseils, faites de nouveau la paix avec vos intestins.

 Une maladie taboue

 Souvent secrète, la constipation concerne pourtant une personne sur cinq en France. La majorité des malades sont des femmes (80 %) et des personnes âgées. Maladie psychosomatique pour les uns, héréditaire pour les autres… ses causes sont multiples. Découvrez l'essentiel sur ce trouble.

La constipation en 10 questions

 La constipation fait encore partie de ces maux tabous. Si peu de gens acceptent d’en parler, elle concerne pourtant 1 personne sur 5 en France. La majorité des malades sont des femmes (80 %) et des personnes âgées.

 1. Quand peut-on dire qu’on est constipé ?

 Pour les médecins, il y a constipation lorsqu’on va à la selle moins de 3 fois par semaine, sur une durée de plusieurs semaines voire plusieurs mois.

 2. Pourquoi les femmes sont-elles plus concernées que les hommes ?

 La grossesse prédispose à la constipation. En effet, la diminution des contractions intestinales dues aux modifications hormonales et la compression de l’utérus par le côlon contribuent au ralentissement du transit.

 Les personnes âgées y sont aussi fréquemment sujettes, la sédentarité et la prise de certains médicaments constituent des facteurs de risque souvent inhérents à cette période de la vie.

 La constipation n’épargne pas même les bébés, notamment ceux nourris au biberon et les enfants, qui "se retiennent" pour ne pas aller aux toilettes à l’école.

 3. Quelles sont les causes de la constipation ?

 Deux mécanismes sont le plus souvent en cause :

 

 

  • Une "paresse" du gros intestin : le tube se contracte peu ou mal et les selles progressent lentement ;

     

  • Un "dessèchement" des selles : la parois du colon a, entre autres fonctions, celle de réabsorber l’eau présente dans les matières fécales. En l’absence d’une hydratation régulière et suffisante, cette réabsorption d'eau dans le gros intestin peut conduire à la formation de fèces dures et sèches, rendant leur élimination difficile.

     

4. Quels sont les facteurs favorisant la constipation ?

 La constipation peut être :

 

 

  • Occasionnelle : dans ce cas, elle est souvent due à un changement des habitudes quotidiennes (voyage à l’étranger, modification de régime alimentaire, stress) ou encore au fait de "se retenir" ;

     

  • Brutale, sans cause particulière apparente : il convient alors de consulter un médecin, car elle peut être le symptôme d’une maladie plus grave ;

     

  • Chronique : lorsqu’elle est due à une mauvaise hygiène de vie (manque d’exercice, peu de boissons, alimentation déséquilibrée...). Cependant, la grossesse ainsi que certains médicaments (contre la maladie de Parkinson, la dépression, l’hypertension ou des maladies cardiaques) peuvent également favoriser une constipation à long terme.

     

5. Quels aliments dois-je éviter ?

 

 

Aucun produit n’est totalement à proscrire, cependant certains sont à consommer avec modération ! Parmi eux, les plats riches en graisse ou épicés arrivent en tête. La consommation de féculents et de farineux (pommes de terres, riz…) doit être limitée. En cas de ballonnements douloureux, il faut éviter les aliments qui ont tendance à fermenter comme les haricots blancs, les choux ou les lentilles.

 

 

6. Quels aliments favorisent le transit ?

 

 

Essentiellement les produits riches en fibres, comme les légumes verts, la salade, les fruits frais ou secs, les céréales ou le pain complet. Les fibres retiennent l’eau, augmentent le volume des selles et accélèrent le transit. Elles stimulent aussi les contractions de l’intestin.

 Un conseil : pelez les légumes le moins possible car c’est dans leur peau que se trouvent le plus de fibres ! Mais ne tombez pas dans l’excès inverse en augmentant trop brutalement votre apport en fibres, vous risqueriez ballonnements et flatulences.

 

 

7. Comment prévenir la constipation au quotidien ?

 

 

  • Buvez entre 1,5 et 2 litres de liquide (eau, thé, jus de fruits) par jour ;

     

  • Luttez contre l’inactivité, en favorisant la marche et les exercices stimulant la ceinture abdominale ;  

  • Mangez à des horaires réguliers ;

     

  • Evitez les repas sur le pouce, prenez votre temps à table ;

     

  • Ne négligez pas d’aller aux toilettes pour limiter les conditions de stress ;

     

  • Ne vous retenez jamais.

     

8. Quelles peuvent être les complications de la constipation ?

 

 

Les plus fréquentes sont les pesanteurs, les ballonnements et les douleurs intestinales. A cause de l'hyper pression qui règne au niveau du rectum, la constipation favorise également, l'apparition d'hémorroïdes. D'autre part, des selles très dures et difficiles à exonérer peuvent entraîner des douleurs et des fissures au niveau de l'anus. Dans certains cas, et en en particulier chez des personnes affaiblies et alitées, la constipation peut donner lieu à une véritable occlusion de l'intestin.

 Dans tous les cas de figure, une constipation d’apparition brutale ou d’aggravation récente doit conduire à consulter un médecin.

 

 

9. Quels laxatifs dans quelles conditions ?

 Ils sont délivrés sans ordonnance mais leur utilisation doit rester ponctuelle. Il en existe de plusieurs sortes :

 

 

  • Les laxatifs osmotiques permettent de ramollir le bol fécal en "attirant" de l’eau vers les selles. Certains laxatifs utilisés par voie locale ont également pour effet de favoriser la production de gaz : ceci entraîne une augmentation de la pression au niveau de la parois du rectum qui favorise le réflexe d’exonération des selles.

     

  • Les laxatifs émollients (huile de paraffine), qui ramollissent les selles et lubrifient le contenu colique.

     

  • Les laxatifs stimulants agissent sur la musculature de l’intestin et stimulent la sécrétion d’eau et d’électrolytes.

     

  • Les laxatifs irritants agissent sur la paroi et augmentent les contractions du tube digestif. Ils sont donc à éviter.

     

10. Pourquoi faut-il éviter l’utilisation prolongée de laxatifs ?

 

 

Les laxatifs irritants doivent être évités car ils peuvent provoquer une inflammation de la paroi du côlon et générer une dépendance : l’intestin ne peut plus se contracter sans eux, entraînant une alternance de diarrhées et de constipations.

 

 

L'utilisation pendant plusieurs années sans interruption d'huile de paraffine pourrait entraîner une malabsorption de certaines vitamines liposolubles. Chez les sujets âgés, sa prise le soir risque de provoquer une infection des poumons en cas de reflux gastro-oesophagien (la remontée du contenu de l'estomac dans l'oesophage) de l’huile ingérée.

 

 

La constipation : une maladie des temps modernes

 

 

 

Les causes de la constipation sont multiples et le plus souvent sans gravité. Et, fort heureusement de simples mesures d’hygiène de vie sont souvent très efficaces vis-à-vis de cette affection bien féminine.

 

 

Peut-être souffrez-vous d’une constipation ? Rien de plus répandu, en effet, que ce trouble banal, que les médecins définissent par l’émission de moins de trois selles par semaine pendant au minimum plusieurs mois de suite. En réalité, la constipation concerne environ un individu sur cinq. Et, si elle est plus courante chez les femmes et chez les personnes âgées que chez les autres adultes, on l’observe aussi chez les bébés, notamment ceux qui sont nourris au biberon. Chez les enfants, elle n’est pas rare non plus, en particulier chez ceux qui “ se retiennent ” car ils n’aiment pas aller aux toilettes à l’école.

 

 

Des mécanismes variés

 Les mécanismes en cause dans la survenue d’une constipation sont variés. Certaines constipations résultent d’un ralentissement de la progression des aliments le long du colon (gros intestin). Dans d’autres, il existe des difficultés à l’évacuation des selles au niveau du rectum (partie terminale du colon) et de l’anus (“constipation terminale”). Parfois, enfin, les deux types sont associés.

 Manque d’exercice, légumes en nombre insuffisant  

 

Certaines constipations sont dues au développement d’une tumeur digestive ou d’une maladie inflammatoire qui entrave le passage des aliments dans le tube digestif. C’est pourquoi vous devrez vous méfier si ce trouble est d’apparition récente, si vous avez maigri ou émettez du sang.

 

 

Cependant, le plus souvent, la constipation n’a d’autre origine qu’un alitement prolongé, le manque d’exercice, des boissons en trop faible quantité, ou une alimentation déséquilibrée ou insuffisamment riche en fibres apportées par les céréales, les légumes et les fruits. En adoptant un mode de vie plus sain, en consommant un peu de son si vous le tolérez, vous pourrez facilement vous débarrasser de ce problème.

 

 

Petits désagréments des voyages en bus, médicaments…

 

 

Certaines circonstances favorisent tout particulièrement l’apparition de ce trouble, comme les voyages à l’étranger (du moins avant l’apparition d’une éventuelle “turista” !). Interviennent, à ce niveau, tant l’absence d’activité que les modifications du régime alimentaire engendrées par la vie dans un autre pays. Pensez à boire pour vous prémunir contre ce problème.

 Certains médicaments peuvent également contribuer au développement d’une constipation, notamment les produits destinés à lutter contre la maladie de Parkinson, la dépression, l’hypertension, les maladies cardiaques ou la douleur (morphine). Si vous prenez un traitement, pensez à regarder la notice d’emploi du médicament et n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

 Par ailleurs, n’abusez pas des laxatifs. Votre intestin risquerait de devenir paresseux et de ne plus se contracter. Vous développeriez alors une constipation opiniâtre.

 

 

Intestin irritable et stress

 

 

Il arrive aussi que la constipation s’associe à un « intestin irritable », sujet aux ballonnements et aux douleurs. Dans ce cas, il n’est alors pas rare que la constipation alterne avec des diarrhées.

 Ce syndrome s’observe tout particulièrement chez des personnes anxieuses et il est plus fréquent en cas de stress, ainsi qu’après consommation de graisses, de choux… On le traite par la relaxation et les médicaments antispasmodiques.

 Bien plus rarement, la constipation constitue une complication de malformations infantiles, de maladies de la thyroïde, d’un diabète, ou accompagne une affection neurologique ou générale.

 Un problème très courant chez les femmes enceintes

 La grossesse prédispose à la constipation. En effet, la diminution des contractions intestinales provoquée par les modifications hormonales et la compression de l’utérus par le côlon s’associent pour ralentir le transit et rendre plus difficile l’émission des selles. Les principes de la prévention sont, chez les femmes enceintes, identiques à ceux que doivent respecter les autres femmes et reposent là aussi sur la consommation de boissons, de fruits et de légumes ainsi que sur la marche.

 

 

La constipation commence-t-elle dans la tête ?

Symptôme extrêmement fréquent, la constipation semble atteindre plus volontiers les personnes anxieuses. Peut-on en conclure qu’il s’agit d’une maladie psychosomatique ?

 La constipation est-elle une maladie psychologique ? Oui certainement, si l’on considère la manière dont ce symptôme gênant peut agir sur les esprits et retentir sur la vie quotidienne. Pour certaines personnes, accomplir quotidiennement cet acte banal devient une véritable obsession, qui peut concourir à accentuer les troubles en incitant à passer un temps excessif aux toilettes ou à abuser de laxatifs.

La constipation-obsession

 Au pire, cette obsession peut conduire à une véritable “maladie des laxatifs”, qui entraîne une irritation du colon. Associée à des ballonnements, la constipation est douloureuse, et incite à augmenter les doses de laxatif. Puis les selles deviennent liquides, réalisant une fausse diarrhée. Cette complication bien connue de l’abus de laxatifs touche plus souvent des femmes, inquiètes de leur constipation et qui ont tendance à dissimuler leur usage de laxatifs. Le traitement consiste en l’arrêt des laxatifs, bien sûr, associé au traitement de la constipation. Mais il est indispensable aussi de s’efforcer de relativiser l’importance de la constipation, en prenant conscience de sa banalité et de sa bénignité. Parfois un soutien psychologique est nécessaire.

 Certaines constipations peuvent avoir aussi des causes psychologiques. C’est le cas chez des enfants qui ont peur de déféquer et se retiennent d’aller au cabinet. Lorsque l’envie vient, ils contractent leur sphincter et empêchent les selles de sortir. Celles-ci s’accumulent dans le rectum, qui se dilate et ne parvient plus à se contracter. Finalement les selles ne sont plus émises qu’involontairement, lorsque le rectum est trop plein. Cette forme d’incontinence, que l’on appelle encoprésie, est relativement fréquente chez l’enfant. La peur d’aller à la selle peut-être due à la présence d’une fissure anale ou à une autre cause de défécation douloureuse. Mais, parfois il semble qu’un traumatisme psychologique soit en cause. Il est important de rassurer l’enfant, de supprimer toutes les causes possibles de douleurs et d’assurer éventuellement une prise en charge psychologique.

 

 

Quand le colon s’irrite

 De nombreuses constipations surviennent dans le cadre d’un syndrome du “colon irritable”. L’intestin se contracte de manière spasmodique, mais sans propulser efficacement les matières fécales, ce qui entraîne douleurs et constipation (ou parfois diarrhée). Ce syndrome extrêmement courant, puisqu’il touche une personne sur trois, semble plus fréquent chez les sujets au tempérament anxieux. Cependant, il semble que l’anxiété soit plus un facteur déclenchant des crises, que la cause de la colopathie.

 De même, plusieurs études ont montré la présence fréquente de troubles psychologiques (anxiété, dépression, relations sociales difficiles) chez les femmes ayant une constipation chronique, par rapport à des femmes ayant d’autres affections digestives. Il reste cependant à déterminer le type de liens unissant ces troubles psychiques et digestifs.

 L’alimentation pourrait être en cause, mais aussi la place particulière accordée à cette fonction, conduisant à faire de la régularité des selles une préoccupation majeure et incitant plus souvent à consulter. Il est important de rappeler que la constipation n’est pas une maladie grave et qu’elle ne provoque ni intoxication, ni risque de cancer ou d’occlusion. 

Par Dr DURAND- Dr ROMNEY - Publié dans : cabinetgastro
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